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Interview de Jean-Baptiste Ayrault, Président du DAL : "Les pouvoirs publics ont une véritable hantise des campements"
Par Administrateur le jeudi, avril 2 2009, 20:47 - Procès en appel du DAL : Témoignages, compte-rendu, état des lieux
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photo : Alain Bachelier/Flickr
Jean-Baptiste
Ayraut, président de "Droit au logement" revient sur le
procès qui visait son association et sur la situation du mal
logement en France
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13: Le
procès en appel du Dal a eu lieu le 4 mars dernier. Le Tribunal a
requis la confiscation des tentes et l'abandon de l'amende de 12 000
euros infligée à l'association en première instance. A ce propos,
il semble que ce procès ait beaucoup tourné autour de la question
de la définition de ces tentes, pour savoir s'il s'agissait
"d'objets" ou de "logements"...
Jean-Baptiste
Ayrault:
Oui, c'est une question importante. Pour nous, il s'agissait
évidemment de logements puisque les personnes vivaient sur la
chaussée, dans ces tentes. Elles bénéficiaient de logements çà
et là mais elles avaient décidé de s'installer, pour protester,
dénoncer leur condition de précarité et faire pression pour avoir
un relogement.
L13:
Ces personnes étaient toutes logées, précédemment ?
J-B.
Ayrault:
Elles étaient "hébergées" dans des hôtels, parfois,
souvent insalubres. Surtout, de façon très précaire et dans des
conditions de surpeuplement et de pression à la fois du gérant de
l'hôtel et des services sociaux, très difficiles à supporter. Et
de manière générale, les pouvoirs publics interviennent maintenant
très activement pour démonter les tentes. Ils ont une véritable
hantise des campements qui représentent une sorte d'action et qui
mettent en scène la situation des mal-logés.
L13:
Néanmoins, le 25 mars, vous avez reçu une bonne nouvelle:
l'engagement par l'Etat du relogement de 210 ménages sur les 374 qui
avaient campés rue de la Banque, les 164 premiers ayant déjà
bénéficié de relogements...
J-B.
Ayrault:
Effectivement. C'est le résultat d'un campement qui avait duré du 4
octobre au 14 décembre 2007. Suite à celà, la promesse de
relogement émise par l'Etat n'ayant pas été honorée,
l'association avait organisé un nouveau campement le 14 décembre
2008. Campement qui a été démonté le 25 mars, jour où l'Etat a
signé un nouvel engagement, plus précis et avec davantage de
garanties pour les familles que le précédent. En somme, le
campement n'a été qu'un moyen de rappeler l'Etat à ses
engagements.
L13:
Concrètement, quel premier bilan tirez-vous de l'application de la
loi sur le droit au logement opposable ?
J.B.
Ayrault:
D'abord, il s'agit d'une loi qui n'est pas très efficace. Elle a
donné de l'espoir aux mal-logés pour résoudre leur situation. Mais
on constate qu'il ne s'agit de rien d'autre qu'une "liste
d'attente" supplémentaire, entraînant une procédure de plus.
Mais il n'y a pas davantage de logements.
L13:
Mais n'avez-vous pas été consulté, en tant qu'association, pour
l'élaboration de cette loi?
J.B.
Ayrault:
Nous n'avons pas été consultés pour l'élaboration de la loi, bien
qu'on nous ayons
fourni nos desiderata, ceux-ci sont loin d'avoir été pris en
compte. Bien entendu, nous ne nous opposons pas foncièrement à la
loi. Nous réclamons simplement une loi qui marche...
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